Cachés dans le corps soigné des technologies de pointe qui nous entourent aujourd’hui, se trouvent des métaux et des produits chimiques complexes dont vous n’avez probablement jamais entendu parler. Ainsi, le bismuth, le germanium ou le tellure vous font sans doute plutôt penser aux bandes dessinées de Superman qu’à l’éclairage de votre téléphone cellulaire ou à la transformation des rayons du soleil en énergie propre.
Or, ces éléments à consonance céleste sont essentiels à un certain nombre d’applications d’avant‑garde dans les secteurs électronique, pharmaceutique et industriel. L’entreprise montréalaise 5N Plus, qui a très tôt reconnu leur potentiel, est aujourd’hui un des principaux producteurs mondiaux de métaux et de produits chimiques spéciaux.
« Contrairement à certains secteurs traditionnels où les compagnies se font concurrence pour produire le même produit sous une forme légèrement différente, les possibilités de notre secteur sont infinies », explique Richard Perron, directeur financier chez 5N Plus.
« Les métaux spéciaux et leurs dérivés se trouvent partout, des satellites et capteurs à infrarouge au Pepto‑Bismol, en passant par les engrais d’origine animale, ce qui crée une clientèle très variée », ajoute-t-il.
En cinq ans, le chiffre d’affaires de 5N Plus est passé de 31 millions à 459 millions de dollars, ce qui représente une hausse de 1 381 %, assez imposante pour que Deloitte place la société en 2013 au 101e rang des entreprises en plus forte croissance en Amérique du Nord, et au 5e rang au Canada dans la même catégorie.
Née en 2000 lorsque des employés d’ANRAD Corporation ont décidé de créer leur propre société en rachetant certains éléments d’actifs d’ANRAD, 5N Plus était au départ une petite entité, mais l’équipe du rachat par les cadres, dont faisait partie Jacques L’Écuyer, aujourd’hui président et chef de la direction, a compris le potentiel commercial de la purification des métaux.
Depuis sa création, 5N Plus a progressé surtout par acquisitions, en augmentant sa capacité de production et son empreinte internationale, une expansion qui n’est pas étrangère au rôle qu’a joué Exportation et développement Canada (EDC) en fournissant à 5N Plus de l’assurance pour certains de ses clients étrangers et en appuyant la construction de sa première usine, en Allemagne.
Plus récemment, en septembre 2014, EDC a injecté 17,5 millions de dollars dans la nouvelle facilité de crédit de 125 millions de dollars de 5N Plus. Ces fonds, qui serviront à soutenir sa croissance continue à l’international, renforceront par ailleurs le partenariat stratégique entre les deux entités.
« Un de nos objectifs est de forger des partenariats avec des entreprises canadiennes lorsque cela est possible », fait remarquer Carl Burlock, premier vice-président, Financement et Investissements, à EDC. « De cette façon, nous pouvons les appuyer pendant toutes les phases de leur expansion et répondre à leurs besoins changeants. Avec 5N Plus, nous avons un parfait exemple de l’évolution d’une entreprise : elle s’étend sur la scène mondiale, augmente sa clientèle et diversifie la gamme de ses produits. Nous voulons être aux côtés de ces compagnies lorsque ces divers besoins se font sentir et nous tenons donc à maintenir des liens étroits avec elles. »
Pour assurer sa croissance à l’avenir, 5N Plus envisage un certain nombre d’initiatives : c’est le plus important fournisseur mondial de tellurure de cadmium, une composante clé de l’industrie des modules photovoltaïques. Ce secteur des technologies propres devrait connaître une croissance dynamique puisque, selon les prévisions, le nombre d’usines de modules photovoltaïques doublera dans le monde d’ici 2018. L’entreprise prévoit aussi renforcer ses activités de recyclage, ce qui dans le royaume des métaux spéciaux veut dire extraire des métaux spécifiques de produits recyclés et les retourner à leur état pur pour être réutilisés.
5N Plus est par ailleurs le premier producteur mondial de bismuth, un produit écologique de remplacement du plomb, dont la demande devrait augmenter au cours des prochaines années, notamment sur des marchés comme le Japon et la Corée où l’on élimine le plomb en raison de sa forte toxicité.
« Les gens sont souvent surpris lorsqu’ils se rendent compte de la versatilité des métaux, dit M. Perron. Et c’est formidable de penser que nous n’avons pas encore découvert tous les moyens de les utiliser. Nous avons encore beaucoup d’espace pour progresser, et nous pensons qu’EDC est un excellent partenaire parce qu’elle comprend notre vision internationale et qu’elle est bien équipée pour appuyer cette vision ».

